Partager l'article ! Faire germer une graine de chômeur...: Bon, commençons pas par un rappel des faits : qu’est-ce que la loi LRU ? ...
Bon, commençons pas par un rappel des faits : qu’est-ce que la loi LRU ?
Bah oui, avec toutes les conneries qu’on entend, ça à l’air d'un côté encore plus diabolique que le Partiot Act, Voldemort et le dernier DVD de Michel Leeb réunis, et de l'autre, on aurait presque l'impression que l'université d'Arras sera mieux côté qu'Harvard dans cinq ans.
Le but de ce blog n’est pas de faire de la propagande, et donc je ne devrais pas prendre parti « pour » ou « contre » cette loi. Néanmoins, rester coincé entre deux positions ne fait pas avancer les choses, dans le meilleur des cas on bloque le RU pendant dix minutes parce qu’on hésite entre la tomate farcie et l’endive au jambon. C’est pourquoi, malgré mes problèmes d’obésité, je serais à la fois pour et contre cette loi, à l’instar d’un certain Bruno J., schizophrène représentant d’un célèbre syndicat étudiant.
Alors, contre la loi LRU :
Le président aura plus de pouvoirs. Il pourra recruter du personnel contractuel. Il aura alors la possibilité de rejoindre le cercle très fermé des méchants patrons du MEDEF, faisant enchaîner à son personnel des CDD de trois mois payés au SMIC, pendant que lui, les poches pleines du fric provenant des 5000 euros de frais d’inscription payés par chaque étudiant de son université, affichera d’un sourire cynique ses dents en or, tout en expulsant par les narines la fumée de son cigare cubain, tel le fils naturel d’un dragon de droite et de Joey Starr en vacances à La Havane. Dieu, que cette phrase était longue !
Avec la LRU, les facs auront le droit d’aller chercher du pognon dans le privé. Les entreprises, pas intéressées pour deux sous, exerceront alors une pression sur les facs pour que la recherche leur rapporte rapidement de gros bénéfices. Ainsi, au lieu de faire des recherches sur des sujets importants, comme la poésie chinoise du troisième siècle avant JC, les laboratoires devront orienter leurs travaux sur la solidité des mouchoirs en papier, les gros branleurs représentant à priori un marché porteur dans un avenir proche. Et tant pis pour le paludisme.
Cette possibilité d’aller chercher des fonds privés aura un autre effet dévastateur : certaines facs auront plus de difficultés à trouver des financements, et resteront désespérément en manque d’argent. Un écart va ainsi se creuser entre les différentes universités, les diplômes n’auront plus la même valeur suivant les universités où ils ont été obtenus. Par exemple, un Master passé à l’université de Dunkerque n’aura plus la même valeur aux yeux des entreprises qu’un Master passé à la Sorbonne, vous vous rendez compte ?
Et puis aucune entreprise ne voudra donner de l’argent pour des filières comme l’ethnologie, pourtant riches en emplois.
Enfin, les diplômes seront conçus en fonction des entreprises qui financent la fac. Ainsi, on passera un Master Auchan, Toyota ou Ricard, qui ne formeront au fonctionnement que d’une seule entreprise. Par exemple, les étudiantes formées au Master Auchan ne pourraient pas travailler chez Carrefour, le lecteur de code barres des caissières étant situé vingt centimètres plus haut.
On assisterait donc à des vagues de licenciements massifs comme celle de 1998, où des milliers de diplômés d’écoles de commerce - déjà en partie financées par des entreprises qui ne désirent EN AUCUN CAS que leur personnel ait une quelconque faculté d’adaptation - incapables de passer de Windows 95 à Windows 98, ont été froidement renvoyés de leur multinationales pleines de frics et d’actionnaires véreux. Et sans indemnités.
C’est pourquoi, pour le bien de tous, la fac doit former les jeunes à des systèmes d’exploitations gratuits répandus, comme les SE linux.
Pour la LRU :
Les facs, c’est quand même un peu de la merde, alors bon, quitte à leur enfoncer un peu plus la tête dedans …
Le principal, c’est de s’y inscrire. C’est pour ça qu’il ne faut pas avoir peur : le gouvernement n’instaurera pas une sélection à l’entrée, puisqu’un type qui s’inscrit à la fac, au moins, il ne s’inscrit pas à l’ANPE. Et c’est bon pour les chiffres.
Et les patrons, ils nous tiennent quand même par les couilles. Bah oui, même si selon un sondage récent 74% des étudiants de l’université veulent devenir fonctionnaires (et 12% cracheur de feu),
avec les suppressions de postes dans la fonction publique, on se retrouvera plutôt avec 74% de chômeurs ! Et là, il faudra lécher le derrière velu de qui pour trouver un CDI
CPE CDD stage rémunéré ?
Autant commencer tout de suite.
De toute façon, on va quand même à la fac pour faire les mots fléchés du 20 minutes.